Patronyme original, look singulier, Titeuf incarne un héros et un complice irremplaçable pour les 9 - 13 ans. Affublé d' une grosse tête, avec sa mèche hirsute
jaune en forme de cactus et un petit corps, Titeuf est bien dans ses grosse baskets. Bien ancré dans la réalité, ce jeune garçon contemporain, seul ou avec ses copains,
fait les 400 coups. A l' école, dans la rue, à la maison, il s' interroge sur tout, le chômage, l' injustice, le racket, la violence, le sida... et surtout sur les filles et le sexe.
Petit gosse gaffeur, malpoli, raleur, hargneux, insolent et obsédé du zizi, il est avant tout drôle, généreux, curieux, gai, plein de vie... et amoureux. C' est le parfait
anti-héros, hypernaïf qui prend toutes les réflexions et les remarques qu' il entend au pied de la lettre. Titeuf comprend tout de travers et se donnne donc une contenance de grand
mais sans savoir vraiment de quoi il parle. Les situations sont cocasses, les dialogues sont agrémentés d' un franc-parler et les dessins sont humoristiques et très expressifs.
De "gros mots" en lapsus, les bulles de Zep alimentent la titeufmania et rendent ses BD irrésistibles.
Bien sûr, Titeuf n' est pas seul. Il a des parents, une petite soeur Zizie, un meilleur ami Manu, une amoureuse Nadia, un copain boute-en-train Hugo et un pote porte-poisse Puduk sans oublier
Jean-Claude pénalisé par son appareil dentaire, Vomito et Morvax qu' on ne décrira pas.
L' humour de Zep (Philippe Chappuis) fonctionne à différents degrés selon l' âge et la maturité du lecteur et le comique réside dans les réparties de ces gamins
culottés et dans les échecs à répétition de Titeuf qui cherche sa place et qui veut s' affirmer entre le monde de l' enfant et l' univers adulte.
On peut noter aussi le langage particulier de Titeuf et de ses camarades qui contamine ses fans dans les cours de récré : on peut entendre, en effet, ici et là les gamins lancer
"tchô les mecs", "c' est pô juste", "c' est pô une vie"....
Pour finir, on aime ou on n' aime pas, on peut reprocher le vocabulaire et les thèmes abordés sans ménagement par l' auteur. Mais Zep s'adresse aux jeunes ados
qui n' ont pas toujours, il faut le reconnaître, des attitudes et des réflexions qui correspondent à ce que l' on appelle le politiquement correct : "je pense que les enfants n' avaient pas besoin de Titeuf pour montrer leurs fesses.
Les parents sont vraiment naïfs... Quant à la grossierté, je pense que de temps en temps c' est un sain exutoire. Vous connaissez beaucoup de gosses qui disent "saperlipopette"
au lieu de "merde" ?" (Entretien avec Zep - Extrait du magasine "Lire" n° 314 - Avril 2003)
|